Monique Baujard dans les Essentiels !

Monique Baujard. Photo Lea Crespi

Monique Baujard, éue présidente des Amis de La Vie le 8 octobre dernier est l’invitée des Essentiels dans La Vie du 5 novembre

« En tant que nouvelle présidente des Amis de La Vie, j’aimerais que nous menions ensemble une réflexion autour de l’avenir du christianisme social
auquel les lecteurs sont, comme moi, très attachés. Je pense que nous ne pouvons pas le transmettre tel quel. Car si, hier, les chrétiens s’engageaient dans la société à partir de leur foi, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La jeune génération n’est pas moins généreuse que l’ancienne, mais son engagement ne trouve pas sa source première dans la foi. Par contre, au cœur de ces expériences, la question de la transcendance et de la spiritualité peut surgir. Quels trésors avons-nous dans notre foi pour rejoindre ces personnes-là ? »

Merci à Alexia Vidot pour ce numéro des Essentiels qui nous permet de mieux faire connaissance avec la nouvelle présidente de l’association des lecteurs du journal.

Pour lire l’Essentiel cliquez sur l’image ci-dessous

Malgré l’épidémie, des ressources et de l’imagination

Depuis le 16 mars, les Amis de La Vie sont imaginatifs et réussissent à surmonter des contraintes qui mettent à mal notre vocation : créer du lien entre les lecteurs du journal. Quelques échos de la créativité des équipes locales, rapportés par Philippe Rialland.

Dès les premiers jours du confinement, il y a eu d’abord le téléphone et les messages pour rester en lien, se donner des nouvelles, prendre soin les uns les autres. Ensuite, on a vu progresser l’utilisation des outils informatiques permettant de se rencontrer autrement. Nous avons même réussi à « faire association » lors de l’assemblée générale du mois dernier dont vous pouvez toujours retrouver les moments importants sur le web des Amis.

Les Amis de La Vie de l'Isèredans le jardin de l'abbaye d'Aiguebelle en septembre 2020
Les Amis de La Vie de l’Isère en septembre dans le jardin de l’abbaye d’Aiguebelle (26)

A la rentrée, les groupes se sont retrouvés pour envisager les rencontres autrement . En Vendée, on partage autour du livre de Bruno Latour «  Où atterrir après la pandémie ? ».  A Roanne, le groupe est présent au forum des associations.  A l’abbaye d’Aiguebelle, près de Montélimar, les Amis de l’Isère ont passé quatre jours début septembre à échanger, entre autres, sur la place de la femme dans la société depuis l’antiquité et dans l’Eglise.

140 personnes ont assisté au débat avec Laurent Grzybowski et François Vercelletto de Ouest France

En Vendée en en Loire-Atlantique, la rencontre qui devait avoir lieu en mars avec Laurent Grzybowski est reprogrammée et un public nombreux est au rendez-vous les vendredi 2 et samedi 3 octobre 2020.  A Paris, les Amis expérimentent avec succès la lecture partagée d’essais, quitte à se rencontrer sans dépasser six personnes. En Gironde, le livre de Loïc de Kérimel, « Pour ne finir avec le cléricalisme », est proposé en lecture au groupe. En Corrèze, la rencontre de rentrée a effectivement lieu dans un grand garage et porte sur « les féminicides », grâce à l’apport de Fabienne Ardouin Civiol, à  l’origine de l’ouverture d’un centre d’accueil à  Brive pour  femmes victimes de violences conjugales. Dans des conditions similaires, le groupe envisage d’inviter prochaine une personne franco-libanaise très en lien avec son pays.

En Seine-et-Marne, le groupe opte pour trois réunions décentralisées à Chelles, Melun et Champs-sur-Marne. Les activités reprennent  et les projets ne manquent pas : en Ille-et-Vilaine, une conférence sur « l’Oeuvre d’Orient » est prévue en décembre. A Belley, une rencontre sur « le Cambodge » est envisagée, ainsi que la traditionnelle fondue savoyarde. Dans les Deux-Sèvres, on prévoit d’inviter Olivier Nouaillas, journaliste à La Vie, pour une conférence sur l’eau.  Dans le Rhône, une rencontre en ligne avec les étudiants du CIEDEL ( Centre International d’Etudes pour le Développement Local), ainsi qu’avec Marie-Laure Chaïb, chercheuse à l’Université Catholique de Lyon et spécialiste de Saint-Irénée, et Marie-Eve Thomas, écrivaine d’icônes à Morancé, dans les Monts du Lyonnais, qui a réalisé l’icône offerte à Paul Malartre.

A Nancy, le groupe travaille sur la nouvelle encyclique du pape François. A Strasbourg, un séjour est prévu le week-end du 1er mai 2021 au Foyer de Charité d’Ottrott. En Loire-Atlantique, les groupes de Nantes et Saint-Nazaire préparent résolument l’Université de Printemps au Croisic en mai et la venue de Marion Muller-Colard en avril. A Roanne, le groupe s’intéresse au thème des Semaines Sociales de fin novembre : « Une société à reconstruire, engageons-nous ! ».

En conclusion, je vous livre cette interrogation qui a clos la dernière rencontre du groupe de Montpellier  : « Face au risque de COVID qui demeure, Quelle priorité pour notre groupe cette année ? Qu’est-ce qui est à protéger prioritairement ? ». Merci aux correspondants qui nous ont donné la matière de cette rubrique et que ceux qui ne sont pas cités ne nous en tiennent pas rigueur. C’est l’abondance qui nous a obligés à choisir !

Pour le groupe Ressource, Philippe Rialland à Nantes.

PS : Certains groupes, moins à l’aise avec les outils numériques, ont davantage de difficultés à vivre cette période. Qu’ils ne désespèrent pas ! C’est le rôle des bénévoles du « Groupe ressource » d’être proches des équipes locales d’Amis de La Vie, de les écouter, de les aider à rester actifs et dynamiques. Des rencontres en visio-conférences avec l’ensemble des correspondants locaux sont d’ailleurs prévues début décembre. A cause de cette pandémie, certains lecteurs sont seuls et isolés. Nous les invitons à rejoindre le groupe le plus proche qui se fera une joie de les accueillir. S’il n’en existe pas encore à proximité, nous pouvons les aider à en faire naître un nouveau.

A Nantes, déconfinons nos coeurs !

A Nantes, déconfinons nos coeurs !

Les Amis de Loire-Atlantique vous invitent le 3 octobre à l’église Saint-Bernard pour une conférence, une célébration et un concert avec Laurent Grzybowski.

Ce ne sont pas les crises qui manquent actuellement ! sanitaire, écologique, économique, politique, religieuse, éthique. Il faut rappeler que l’étymologie grecque du mot crise renvoie à la nécessité de discerner et de faire un choix.

C’est dans cet élan dynamique et positif que Les Amis de La Vie de la Loire-Atlantique, en partenariat avec la Conférence Catholique des Baptisé(e)s 44, la Paroisse Trinité de l’Eraudière, la librairie Siloë et Radio Fidélité vous invitent  le 3 octobre à l’Eglise Saint-Bernard autour du dernier livre de Laurent Grzybowski et Anne Guillard : “Une autre Eglise est possible ! 20 propositions pour sortir de la crise catholique »: conférence-débat avec Laurent Grzybowski, journaliste à La Vie, et François Vercelletto, journaliste à Ouest-France, suivie d’un échange avec le public.

A 17h30, nous célébrerons la Parole (l’homélie sera faite par une femme !) et à 20H30, la journée se terminera par un concert de Laurent Grzybowski. Vous pourrez apporter votre pique-nique mais cette fois, pas de mets partagés et distances requises. Le port du masque sera bien sûr de rigueur à l’intérieur du bâtiment. Entrée libre – Libre participation aux frais – Vente de CD

René Sorin et Daniel Boy, pour les Amis de Loire-Atlantique

Notre rentrée à Aiguebelle

Du 3 au 5 septembre, une vingtaine d’Amis de La Vie du groupe de l’Isère s’est retrouvée à l’abbaye d’Aiguebelle. Echanges et ressourcement.

Les Amis de La Vie de l'Isèredans le jardin de l'abbaye d'Aiguebelle en septembre 2020
Les Amis de La Vie de l’Isère dans le jardin de l’abbaye d’Aiguebelle (26)

L’abbaye cistercienne nichée dans son vallon au milieu des bois était inondée de lumière après le passage du mistral.

Accompagnés par le père Philippe Mouy, nous nous sommes attaqués au thème de réflexion choisi : « Place et rôle des femmes dans la société et dans l’Eglise ».

Le contexte particulier de la pandémie nous a permis au préalable de nous situer et de faire le point après la traversée du confinement et de la vague suivante du retour à une vie plus « normale ».

Les très nombreux apports, éléments d’éclairages et témoignages apportés dans le dossier constitué et tout au long de nos échanges par Philippe Mouy nous ont permis de balayer et de relire l’histoire de l’humanité comme celle des religions en constatant l’avènement et l’installation universelle implacable du patriarcat, ordre établi et stratifié.

Le constat est une sacralisation/absolutisation du pouvoir masculin, avec le cortège de violence, d’instrumentalisation et de harcèlement qui en découlent pour asseoir et perpétuer la domination des hommes.

Mais nous avons pu à l’opposé relire avec bonheur les premiers signes et témoignage du féminisme, et la difficile mais courageuse et obstinée avancée vers plus d’égalité et de parité, luttes isolées de femmes de lumière puis de mouvements sociaux de plus en plus organisés et puissants réclamant l’application des droits de l’homme aux « droits de la femme ».

En parallèle, nous avons questionné notre histoire religieuse judéo-chrétienne et affronté les grandes questions : Jésus juif fidèle et authentique se heurtant aux tenants de la religion juive où les règles strictes sont nombreuses (613 préceptes/obligations accumulés), Jésus et sa liberté de ton, d’abord et d’échange avec les femmes , la rigidification tendancielle du catholicisme dans une institution exclusivement masculine et « consanguine », son retard accumulé depuis des décennies par rapport au protestantisme et autres religions du livre sur l’accès des femmes à des responsabilités cultuelles et pastorales. Le pouvoir et la domination masculine se trouvent quasi idolâtrés en son sein sous l’espèce de la sacro-sainte “tradition”.

Nous avons déploré que les belles ouvertures vers les laïcs opérés par Vatican II (Lumen gentium replaçant après le Christ le Peuple de Dieu et son sacerdoce baptismal au 1er plan) aient été suivies de retours en arrière et de verrouillages successifs sous les pontificats de Jean-Paul II principalement, puis de Benoit XVI également.

A rebours de la glaciation institutionnelle présente de l’église, Les Amis de la Vie sont touchés et convaincus par l’action évangélique de notre pape François visionnaire (laudato si) et pasteur infatigable de la miséricorde et d’une église en sortie vers les plus fragiles et les exclus aux marges de notre société.

A sa suite, attentifs et fidèles à son enseignement nous croyons que l’Esprit souffle, partout ; il est présent, vivant et  à l’œuvre, dans notre groupe primo, plein d’attentes et de désir, ou  nous sommes retrouvé.e.s post-confinement avec bonheur et fraternité véritablement comme en famille grâce au dynamisme stimulant de Danièle, mais à bien plus grande échelle dans notre bonne vieille Eglise également ou comité de la jupe, conférence des baptisés et autres mouvements et courants appellent avec force à l’ouverture, au changement, à un aggiornamento véritable comme , depuis 50 ans sur l’élan de Vatican II !

Grâce supplémentaire : L’invitation par Danièle d’un des 11 moines encore sur le pont dans l’abbaye. Frère Mikael, dominicain au grand charisme questionné frontalement sur l’objet de notre session nous a très finement et pastoralement décentrés et décalés pour nous renvoyer aux fondamentaux chrétiens évangéliques conditionnant une bonne approche méthodologique du dossier : “Relisez la lettre  Evangelii gaudium de François ; évitez toute dérive gnostique ou pélagianique ; cultivez un dialogue pétri d’humilité et d’authenticité, relisez, affrontez et assumez sans œillères votre passé psychologique pour être bien au clair dans votre vie personnelle et familiale, idem pour tout notre bagage de formation et d’enseignement religieux et théologique, nos engagements et notre foi”.

Alors nous serons prêts, libres ensemble pour définir notre vision de l’Eglise, une ecclésiologie au sein de laquelle femmes et hommes retrouvent l’égalité originelle de Genèse 1 ; l’Esprit saint interviendra en complément de notre intelligence, de notre volonté et de notre Amour.

Au final un constat qui parait accablant, tant la situation semble pétrifiée, ossifiée dans l’institution, malgré tous les efforts de réforme et d’assainissement entrepris par le pape François.

Des pistes sont identifiées, toutes s’appuyant sur la remise des laïcs sur le devant de la scène, soit à leur juste place en conformité avec les avancées de Vatican II (primauté du sacerdoce baptismal du peuple de Dieu après celui du Christ) ; des exemples sont cités : l’Allemagne, avec la grève des femmes agissant dans l’église pour produire une onde de choc lorsque le support actif principal de la vie communautaire se retire pour mettre le « collège masculin » seul face à son impuissance !

Au présent, le tour de table permet d’exprimer douleur, abattement, écœurement, découragement, désespoir, révolte, exaspération et impatience, etc. En fin de compte, ne serait-ce pas plus sain de quitter le navire au gouvernail bloqué qui va droit sur l’iceberg ? L’institution Eglise, piégée et fossilisée dans son dogmatisme impuissant face à la sacro-sainte Tradition, intouchable, gravée dans le marbre (œuvre de l’homme !) est-elle encore capable de s’auto réformer ? Le rapprochement avec les 613 lois et règlementations empilées du temps de Jésus par la Tradition juive n’incite pas vraiment à l’optimisme, et nous déplorons ensemble le retour en arrière actuel vécu dans nos paroisses, avec notamment l’essaimage massif et prépondérant vers des mouvements d’Eglise conservateurs parmi les nouveaux prêtres ordonnés : Clochettes, encens, ostensoirs, exclusion du féminin de toute approche de l’autel, cléricalisme et piétisme réactivés, etc !

Nous comprenons bien au vu de ce constat que les revendications féminines impatientes en Eglise n’évoquent aucun souhait de devenir « calife dans pareil califat », de s’inscrire dans pareil organigramme hiérarchique  malsain et mortifère, mais seulement d’avoir part égale à la vie pastorale,  animatrice et évangélisatrice du peuple de Dieu.

L’Esprit Saint ne nous abandonne pas, ni nous ni son Eglise, nous le croyons toutes et tous, qu’il nous aide à passer, comme le disait Gramsci « du pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté !»

Pour notre petit groupe, une fois cette très riche rencontre terminée, il va nous falloir pragmatiquement trouver un premier levier local pour apporter notre humble contribution concrète pour participer à la construction nouvelle. Une connexion avec la Conférence des baptisés serait un premier pas en vue d’une action commune.

Pierre Baronnat, pour les Amis de La Vie de l’Isère