Premier bilan du forum social 2018 à Bahia

Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia s’est déroulé du 13 au 17 mars 2018. Le mot d’ordre retenu était « Résister c’est créer, résister c’est transformer ». Dans cet article découvrez des liens pour lire l’analyse de Gustave Massiah, pionnier du mouvement altermondialiste, une revue de presse et des vidéos pleines d’humour et d’infos.

Ce forum avait trois dimensions : un forum bahianais qui a été une grande réussite, un forum brésilien déterminé par la situation au Brésil et en Amérique latine, un forum international axé sur la situation mondiale et l’avenir des forums.

Lire l’analyse de Gus Massiah sur le site du CRID : https://www.crid.asso.fr/spip.php?article953

 

La revue de presse du FSM :

Une semaine de FSM à Salvador de Bahia, carnaval mondial des alternatives par Benjamin Joyeux, 23 mars.

Le Forum social mondial en mutation Par Pierre Beaudet, 17 mars.

Après Bahia Par Christophe Aguiton, 17 mars.

Le Forum social mondial et le Brésil bouleversés par l’assassinat d’une militante Par Maxime Lerolle, 17 Mars.

Chroniques depuis le Forum social mondial Par ATTAC.

ATD Quart-Monde au Forum Social Mondial Par Guillaume Amorotti, 15 et 19 mars

Marielle Franco, l’exécution qui révolte le Brésil Par Patrick Piro, 15 mars.

Forum social mondial : place aux femmes Par Patrick Piro, 14 mars.

Les (nouveaux) défis du Forum social mondial Par ATTAC, 13 mars.

Les Vidéos (vraiment sympa !)

Marche d’ouverture Par ATTAC Play, 14 mars

Partagez C’est sympa Episode 1 : Un Autre Monde est possible ? 14 mars

Partagez C’est sympa Episode 2 : Rendez l’argent 15 mars

Partagez C’est sympa Episode 3 : Amplifier la révolte ? 16 mars

Partagez C’est Sympa Episode 4 : La révolution sera féministe 18 mars

Partagez C’est Sympa Episode 5 : L’heure du bilan 19 mars

A Sète, des Compagnons pour vos enfants

L’université d’été des Amis de La Vie à Sète affiche déjà complet. Nous avons réservé quelques places pour les familles avec enfants et adolescents à partir de 10 ans. Ils seront accueillis par un groupe de compagnons Scouts et Guides de France de Pézenas.

Un record ! En moins de 15 jours, l’université d’été prévue début juillet au Lazaret, sur la corniche de Sète a fait le plein. Comme chaque année, nous réservons quelques places aux participants qui viennent en famille et qui ont besoin d’un peu plus de temps pour s’organiser.

Et comme tous les ans depuis 2013 à Saint-Jacut-de-La-Mer, des Compagnons Scouts et Guide de France accueilleront un groupe de 20 enfants et adolescents entre 10 et 15 ans. L’équipe des “Compas dans l’œil », du groupe “Notre Dame de Bethléem” à Pézenas, est en train de leur concocter une semaine dédiée à la découverte des cultures du monde, sur le plan artistique, culinaire, géographique, spirituel…

« Nous avons notamment fait un camp en 2016 au Maroc où nous avons eu la chance de passer deux semaines avec des scouts musulmans », explique Marie, 18 ans. En 2015, un camp à Strasbourg leur a permis de vivre un grand rassemblement avec 15 000 scouts du monde entier. Ils ont ainsi partagé pendant une semaine leur quotidien avec des scouts orthodoxes, musulmans, boudhistes et laïcs. « La découverte et le respect de l’autre sont des axes qui nous tiennent particulièrement à cœur », confirme Marie. En attendant de les rencontrer à Sète, découvrez-les, de gauche à droite sur la photo : Viktor Vuillermoz, Elena Gonzalez, Héloise Deschamps, au milieu nous avons notre accompagnateur Tony, puis Clément Crouzat, Marie Barillot et Paul Escorne. Renseignement sur amisdelavie.org et inscriptions en écrivant à universite2018@amisdelavie.org. Ne tardez pas !

Dominique Fonlupt

A Lyon le 14 mai, une soirée inter-générations sur l’engagement

Les Amis du Rhône ont invité des jeunes bénévoles d’Oxfam, de Coexister, de Singa et des Altercathos pour un échange sur les raisons de s’engager. Occasion rare d’un échange entre deux générations de militants. Ce sera le 14 mai à Lyon et c’est ouvert à tous !

Le groupe Coexister de Lyon

Le groupe des Amis de Lyon comprend de nombreux retraités impliqués dans leurs paroisses et des mouvements où ils retrouvent peu de jeunes engagés à leurs côtés. Nous avons donc décidé d’inviter des mouvements où les jeunes engagés sont très nombreux et dans des domaines très variés : la lutte contre les injustices et les inégalités, le dialogue interreligieux, la pensée  sociale de l’Eglise, le lien culturel avec les migrants, les colocations solidaires. Nous comptons sur votre participation lors de cette soirée organisée le lundi 14 mai à 19h00 à la maison paroissiale St Maurice, à Lyon (précisions dans l’agenda ci-dessous).

Sur le thème “Engagement des Jeunes et Dialogue Intergénérationnel”, nous aurons le plaisir de recevoir des bénévoles d’Oxfam, du groupe interconvictionnel « Coexister », de Singa qui propose notamment l’insertion des migrants par la création d’emplois, mise en lien des nouveaux arrivants et des entrepreneurs ou investisseurs intéressés par leurs compétences et leur énergie. Des membres du réseau des « Altercathos » seront également présents. Cette association de jeunes laïcs lyonnais anime un café associatif et des ateliers, organise conférences et formations sur le bien commun, la destination universelle des biens, la participation, l’option préférentielle pour les pauvres.

Ils nous présenteront leur mouvement et leur vision de l’engagement. Nous amorcerons ensuite un échange intergénérationnel sur les points communs et les différences avec celui des générations précédentes. Echange que nous espérons poursuivre la saison prochaine avec les étudiants de la Catho de Lyon. En attendant, et pour ne pas rompre avec les bonnes pratiques, nous poursuivront nos discussions autour d’un repas où chacun apporte quelque chose à partager.

Jean-Paul Vuiart, pour le groupe lyonnais des Amis de La Vie

Les anciens de Porto Alegre 2002 se sont retrouvés dans les Monts du Lyonnais

Les Amis de La Vie avaient envoyé une première délégation à un Forum Social Mondial (FSM) en 2002 à Porto Alegre. Depuis, plus de 25 participants, devenus des amis, n’ont cessé de se retrouver à intervalles réguliers. Ce fut encore le cas cette année. Au programme : amitié et… géopolitique.

Les anciens de Porto Alegre en plein travail
Rendez-vous était donné les 19 et 20 mars à Pomeys, à la Maison d’accueil mariste de la Neylière dans les Monts du Lyonnais. Le côté convivial toujours très présent lors de nos retrouvailles, nous saisissons l’occasion pour faire le point de la situation politique et religieuse des pays de l’Amérique latine. Nous avons bénéficié cette année encore des compétences de René Valette, géographe et économiste, ancien président du CCFD-Terre solidaire et des Amis de La Vie, et de Alain Durand, dominicain, prieur du Couvent de la Tourette, ancien directeur de Dial (Diffusion de l'information sur l'Amérique latine), tous les deux fins connaisseurs de ces régions du monde. Paul Malartre, actuel Président des Amis de La Vie, et Geneviève, son épouse, nous ont rejoints lundi.
Nous avons pris le temps également de rendre hommage à nos amis disparus depuis notre dernière rencontre de 2014 : Paul Jamet de l’Ardèche, Francis Gély de Paris, François Doppler de la Loire, sans oublier le Frère Henri Burin des Rosiers, dominicain, dont nous avions pu apprécier tout le travail et la présence auprès des paysans sans terre lors d’une soirée avec lui et Xavier Plassat en 2002 au Brésil.
Un chœur d’une douzaine d’hommes « les Farlots » de Chazelles-sur-Lyon a animé la soirée avec leurs chants en français et en patois, faisant revivre ainsi la vie d’antan dans les Monts du Lyonnais. Le lendemain matin, à l’intérieur même de ce centre d’accueil de La Neylière, nous avons pu visiter avec grand intérêt le musée d’Océanie, invitation à découvrir les coutumes, les cultures, les modes de vie des peuples de ces iles lointaines.
La situation en Amérique latine
Les uns et les autres ont posé de nombreuses questions :
  • Où en est-on sur le plan des droits ?
  • Où en est la démocratie participative ?
  • Que penser des échanges commerciaux ?
  • Quelle évolution pour les paysans sans terre ?
  • La situation des enfants au Brésil ?
  • Quel est l’impact de la politique de Donald Trump dans ces régions en particulier au Guatemala et au Mexique ?
  • Les espoirs de paix en Colombie ?
  • La corruption ?
  • L’Eglise en Amérique latine ? La théologie de la libération ?
René et Alain ont répondu en brossant un tableau peu optimiste de cette région du monde.
Reprenant les travaux d’Olivier Compagnon, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, René explique que les politiques au Brésil ou au Venezuela n’ont pas toujours été des politiques de gauche. Ni Lula ni Chavez n’ont remis en cause le capitalisme. Ce qu’a fait Chavez pour la politique sociale basée sur le pétrole a été une erreur. Le président Maduro paye le fait que Chavez a laissé le pays en pleine crise. Au Brésil, Lula s’est peu préoccupé de la réforme agraire et des paysans sans terre. Il faut d’abord se libérer de la tutelle américaine pour pouvoir faire une réforme agraire. On ne peut pas se permettre d’être toujours endettés. Peut-être fallait-il d’abord accepter les grandes exploitations… Lula est-il parti trop vite ? Compromis et compromission sont très proches. Dilma Rousseff a été condamnée pour corruption, remplacée par Michel Temer, tout aussi corrompu, mais qui tient grâce à la distribution d’argent (scandale Petrobras). En Argentine, Cristina Kirchner, ex présidente de gauche, a été incapable de faire évoluer les choses. C’est un président de droite Mauricio Macri qui sera élu en 2015. 

Il y a un virage à droite un peu partout. 
  • Au Chili, le conservateur Sebastian Pinera, un milliardaire, a remporté l’élection présidentielle en décembre dernier et succédera en mars à la socialiste Michelle Bachelet.
  • En Equateur, Lenin Moreno, qui a été son vice-président de 2007 à 2013, est devenu depuis sa prise de fonction le plus sévère critique de M. Correa qu'il accuse d'avoir gaspillé la manne pétrolière et d'avoir dirigé un gouvernement corrompu. Il est moins à gauche que Correa.
  • Au Paraguay, Fernando Lugo a été éliminé par pure magouille et destitué en un après-midi ! La droite domine largement avec l’actuel président Horacio Cartès.
  • Au Pérou, Pedro Pablo Kuczynski (PPK), très à droite, vient de démissionner pour corruption.
  • Au Salvador, Salvador Sanchez Ceren résiste. Mais il règne dans le pays une extrême violence (les maras, gangs armés qui sèment la terreur).
  • En Bolivie, Evo Morales tient le coup mais pour combien de temps ?
  • Au Nicaragua : José Mujica prend en compte les situations sociales.
  • En Colombie : c’est plutôt le processus de paix qui est plus important que les questions de droite ou de gauche. Le président Juan Manuel Santos, a obtenu le prix Nobel de la paix pour avoir signé en 2016 un accord de paix avec la grande guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). Tout n’est pas réglé mais il y a quand même la paix après plus de 50 ans de guérilla.
Sur les accords commerciaux régionaux et bilatéraux (Mercosur), c’est un peu le problème du pot de terre contre le pot de fer. Il y a un rapport de force inégal. Cela ne va bien sûr pas dans l’intérêt des petits producteurs.
Les Eglises en Amérique latine
La pratique religieuse est en baisse un peu partout.

Au Brésil, les Eglises évangéliques (Pentecôtistes) se développent dans un contexte qui n’est pas du tout le nôtre. On change assez facilement d’Eglise. Il n’y a pas d’appartenance radicale. Cela bouscule l’équilibre des religions du pays et pose un redoutable défi à l’Eglise catholique.
Se développe une théologie de la prospérité : « si vous faites telle ou telle chose bien, Dieu vous récompensera et vous donnera de l’argent… ». Courant très néolibéral.
Il y a une montée des fondamentalismes (chrétien, musulman, hindou et bouddhiste).
La page de la théologie de la libération n’est pas tournée, même si elle n’a jamais été très en vogue. On parle plutôt de théologie du peuple ; ce n’est pas la même chose. Les clercs soutiennent totalement le pape François.

Marité Koenig

Sur la question de l’indianité, nous pouvons lire : « Sagesse indigène. La théologie indienne latino-américaine » – Alain Durand, Eleazar Lopez Hernandez,  Paris, éditions du Cerf-DIAL, 2002.