Université d’hiver à Dijon : les inscriptions sont ouvertes

Université d’hiver à Dijon : les inscriptions sont ouvertes

Ce n’est pas un grain de moutarde mais un grain de folie que le groupe de Dijon a pris en choisissant d’organiser la prochaine université d’hiver, les 1 et 2 février 2020. Après avoir participé à celle de Chambéry où nous avions apprécié le format du week-end, parfaitement réussi, nous nous sommes dit: pourquoi pas nous ? L’équipe d’animation l’a proposé au groupe et une bonne vingtaine de ses membres a décidé de  tenter l’aventure.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 janvier 2020.

Maurice Fournet, correspondant des Amis de La Vie en Côte d’Or

Bulletin d’inscription à télécharger en cliquant ici

Programme et informations pratique à télécharger en cliquant ici

Informations pratiques

Samedi 1er et dimanche 2 février 2020

« Quels choix économiques pour concilier justice sociale et transition écologique ? »

Du samedi 1er février à 12h30 (10 heures pour ceux qui souhaitent faire la visite) au dimanche 2 février à 17 heures. Conférences, hébergement du samedi soir et repas du samedi midi, soir et du dimanche midi à Ethic-Etapes Hotel (C.R.I), 1 avenue Champollion à Dijon.

amisdelavie@gmail.com – Tél : 01 48 88 46 22

J’ai rendez-vous avec moi : inscriptions ouvertes !

J’ai rendez-vous avec moi : inscriptions ouvertes !

Les participantes de la session 2019 en Bourgogne

La sixième session de notre session réservée aux lectrices aura lieu du 1er au 4 janvier au gîte du Drugeon à la Bouëxière, près de Rennes. Un cadeau à offrir ou à s’offrir.

On ne change pas un programme qui fait des heureuses ! Les Amis de La Vie renouvellent en 2020 et pour la sixième année consécutive la session « J’ai rendez-vous avec moi » (JRAM), une proposition réservée aux lectrices de La Vie, à leurs amies, à leurs filles, à leurs mères… Une journaliste de la rédaction y participe habituellement, à titre personnel, mais aussi pour découvrir la richesse des parcours de notre lectorat. Les inscriptions sont désormais ouvertes.

Ce partenariat a été mis en œuvre grâce à Laure Le Douarec, lectrice fidèle et fondatrice de l’association 2D4B (Diversity & Dialogue For Being the change – en anglais car ce réseau est international).

Le gîte du Drugeon à la Bouëxière (35)

Ces trois journées prévues du 1er janvier à 17H au 4 janvier à 14H près de Rennes, offrent un cadre sécurisant, encadré et bienveillant pour faire le point sur soi, en incluant passé, présent et intentions pour l’avenir. Une centaine de lectrices de La Vie ont déjà fait cette expérience. Ateliers, exercices collectifs et individuels, temps méditatifs et festifs, le programme est nourri par le questionnement des autres participantes. Il est particulièrement apprécié par celles qui sont placées devant des choix ou des tournants de leur vie. Une idée d’étrennes à offrir ou à s’offrir.

Dominique Fonlupt

Renseignements sur https://www.rdvavecmoi.org (inscriptions en ligne) ou sur amisdelavie.org

Adhésion nécessaire aux Amis de La Vie pour bénéficier du tarif réduit. Adhérez en cliquant ici.

Contact : laure@2d4b.com ou 06 88 50 14 09

Inoubliable immersion à Rabat

« Plus on s’intéresse aux autres, plus ils sont intéressants ! » Quel bonheur, offert par l’association les Amis de la Vie, de sortir de l’hexagone et d’aller à la rencontre des Marocains. Par Philippe Mouy

A peine deux mois après la visite du pape François à Rabat et portés quasiment par le même thème, l’université d’été des Amis de La Vie s’est tenue à Rabat du 11 au 18 juin : « Au Maroc, avec des chrétiens, chez les Musulmans, entre l’Afrique migrante et l’Europe ‘interdite’ ». Vaste programme préparé et conduit de main de maître notamment par Paul Malartre et Dominique Fonlupt avec leurs partenaires locaux : l’Institut œcuménique de théologie al-Mowafaqa et Lotfi Lamrani, président fondateur de l’association « Pont des cultures ».

Voici, en écho de cette aventure, trois volets qui nous ont bigrement décentrés, comme y invitait Paul Malartre en ouverture.

Plongée dans l’Islam aujourd’hui

L’Islam est une réalité qui agite beaucoup l’Europe. Mais c’est une religion en mouvement, qui n’a pas fini de nous surprendre. En ouverture, Ashraf Aloui Ismaïli psalmodie ce verset coranique : « Oh les hommes, nous vous avons créés d’un mâle et d’une femme, pour que vous vous connaissiez. » Le ton est donné. Yelins Mahta, professeur d’islamologie à l’Institut Al Mowafaqa, peut livrer ses points de repère pour comprendre la pensée islamique et le mouvement de réforme contemporain. « Le prophète a été trop sacralisé. C’est d’abord un homme, un époux, un chef spirituel et militaire, qui entre en relation avec Dieu et livre un message pour venir en aide aux pauvres. » Depuis, naviguant en sourates et hadits, que de travail d’interprétation et de conflits ! L’appropriation par les califes fait entrer l’Islam dans la vie politique. Après chaque période de violence surgit l’idée de réforme pour engager une civilisation moins meurtrière et plus performante, portée par bien des questions : « Qui a la vérité ? D’où vient la violence ? Comment interpréter la loi ? Dieu est-il toujours avec nous ? Pourquoi a-t-on été divisés ? »

A son tour, Aïcha El Hajjami, juriste et théologienne, nous plonge dans un exemple de réforme : les droits et le statut de la femme. Alors qu’elle a recensé plus de huit femmes musulmanes savantes mais méconnues, elle s’interroge : « l’Islam serait-il à l’origine de la domination sur les femmes ? » Un travail où elle dénonce les fausses interprétations et les stéréotypes réducteurs qui circulent. Heurtée par les versets « douloureux » du Coran, elle découvre que la faute originelle incombe à Adam et non à Eve, et que, sur bien des sujets, le Coran se distingue fortement des traditions véhiculées sur la situation de la femme. Un travail qui a nourri les travaux de la Commission pour les droits des femmes lancée par Mohammed VI en 2006.

Puis coup d’œil sur « la présence musulmane en Europe » avec Farid El Asri, anthropologue. « Le musulman exotique ne posait pas de problème. Maintenant, il n’est plus sur le point de repartir au pays et il prend de la visibilité. Cette dynamique, qui renverse les frontières, vous pose problème en touchant à vos entrailles psychologiques et à votre identité collective. » De fait, notre rapport à l’autre n’est-il pas pollué par des imaginaires réciproques perturbés, qu’il faut dépoussiérer ? « Ils vont nous envahir ! Mohammed est un violent, pas le Christ ! Nous sommes dans la vérité… » Que de crispations ! Alors, que faire ? Du sérieux : avoir une volonté de compréhension ; du serein : en engageant une confiance mutuelle ; de l’humour : pour éviter l’arrogance.

Migrations : partir, passer, rester

« Nous sommes tous des migrants. Il n’y a que la date qui change ! » dit avec humour Hicham Jamid, sociologue. La migration installe dans un temps long, du fait des attentes, de la précarité, de la souffrance, des obstacles financiers, du blocage des frontières… Le Maroc, carrefour migratoire, voit son identité se refaçonner : comme pays de départ (5 millions de Marocains vivent à l’étranger, sur 38 millions), comme pays d’étape (appelé à jouer le rôle de « gendarme » : « Calais se trouve maintenant au Maroc »), comme pays d’accueil (50 000 migrants au moins ont été régularisés depuis 2013).

En écoutant le témoignage de migrants, nous avons perçu, comme dit Antoine Exelmans, prêtre à Oujda et Vicaire général du diocèse de Rabat, que parfois ils cochent toutes les cases : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais malade, nu, étranger… » (Mt 25,35…).Et il ajoute : « Je suis convoqué par des visages. Chaque histoire est personnelle. L’autre vient chercher en moi ce qu’il y a de meilleur en humanité. Et c’est l’aventure : on part à la recherche de ce qui pourra faire de nous des vivants. On essaie de vivre la meilleure fraternité possible ». Terre de transit, pour beaucoup le Maroc devient terre de destination du fait des barrières. A Oujda, et dans bien d’autres lieux d’accueil œcuméniques, des situations impossibles trouvent un chemin. Les Eglises du Maroc, délaissées lors de l’indépendance, retrouvent depuis une vingtaine d’années une foule de nouveaux fidèles africains subsahariens, qui se renouvellent souvent.

Des chrétiens au Maroc

Le ton est donné par Cristobal Lopez Romero, espagnol, archevêque de Rabat : « Que nous soyons peu ou beaucoup, nous sommes là pour faire grandir le règne de Dieu, c’est-à-dire la paix, la justice, la liberté, la fraternité, la vie, les Droits de l’homme et surtout l’amour. Nous sommes tous étrangers, mais l’Eglise est marocaine et se veut incarnée dans le peuple marocain. » « Evangéliser, dit Daniel Nourrissat, curé de Rabat, c’est d’abord vivre l’Evangile, non pas parler de Jésus, mais parler Jésus ». Ainsi, les Africains subsahariens ont fait renaître cette Eglise et, avec l’Eglise évangélique, elles ont fondé l’institut Al Mowafaqa. A signaler, une initiative de l’Eglise évangélique : « les Eglises de maison », où l’on trouve à leur tête des pasteurs stoppés sur leur route vers l’Europe ; ces communautés se réunissent dans des appartements de quartiers populaires (près de 30 à Rabat et 60 à Casablanca).

Enfin le beau témoignage de Frère Stéphane Delavelle, franciscain à Meknès depuis 7 ans, qui s’est entendu dire : « Ces prêtres sont perdus pour l’Eglise ! » De fait, pour durer en terre d’Islam, la question s’impose à lui : « Qu’est-ce que je fais là ? Quel sens donner à ma présence ? » Réponse en trois points. D’abord rencontre l’autre n’est pas facile : comment sortir de nous-même ? Comment accepter l’autre comme il est sans imposer quelque chose ? Comment être compréhensible, audible pour l’autre ? Pour cela, se laisser retourner de l’intérieur et comprendre l’Islam du dedans. Tout en étant hanté par la question : pourquoi Mohammed après Jésus ? Serions-nous à un stade intermédiaire, comme le pensent les Musulmans ? Puis place à l’humble service et à l’amitié : la foi doit passer par les œuvres. « Toi, tu m’écoutes, tu me respectes. » La modernité est difficile, compliquée, mais on peut montrer qu’on peut la traverser. Enfin, la conviction : pas de dialogue s’il n’y a pas de vie intérieure, de dimension mystique. « La solitude fait partie de la rencontre avec l’Islam. Accepter de perdre le sens pour le recevoir de Dieu. Finalement, pourquoi être là ? Pour la communion et la gratuité. Je ne sais pas pourquoi je suis là, mais je sais que je dois être là. » Et Stéphane s’est entendu dire un jour : « Ce que vous vivez, c’est fou, ça ne sert à rien, mais ça sent si bon l’Evangile ! »

Le dernier jour, une table-ronde réunissait quatre interlocuteurs autour du thème : entre Chrétiens et Musulmans, une rencontre spirituelle est-elle possible ? Chacun semble poussé à dépasser les clivages de sa religion tout en tenant ferme sur son chemin spécifique et en s’en remettant à Dieu dans la foi.

Philippe Mouy, dans la salle de conférence de l’hôtel Rabat

« Nos témoins ont semé des graines de résurrection, déclarait Paul Malartre en clôture de cette Université. Ayant récolté beaucoup, nous avons beaucoup à semer. »

Philippe Mouy, ami de La Vie en Isère